Le témoignage de John Glass

C’est lors de ma première année d’université à Syracuse, aux Etats Unis, que j’ai commencé à me poser des questions quant au sens de ma vie. Très rapidement, mes réflexions ont affecté mes études, je n’y mettais plus le sérieux nécessaire pour réussir.

Après des mois de lutte avec mes sentiments, j’ai donc décidé d’interrompre mes études pendant une année afin de faire le point et réfléchir à ma vie et aux objectifs à me fixer. Pour ce faire, j’ai préparé un grand voyage.

John Glass en 1976

Parti de Syracuse, c’est à la maison, à Genève, que je me rendis en premier. J’y suis resté un mois pendant lequel j’ai préparé mon expédition. J’ai acheté un sac à dos et y ai mis quelques articles indispensables tels que bermudas, jeans, brosse à dent, savon, passeport et bien sûr, de l’argent. Puis, le 23 juin 1976 mon voyage a officiellement débuté avec les Indes comme destination.

Pendant le premier mois, j’ai traversé la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Roumanie, la Yougoslavie et la Grèce. Parmi les centaines d’îles grecques, j’ai souvent recherché et trouvé des plages de palmiers spectaculaires où je me sentais à mon aise pour méditer et songer au sens à donner à mon existence. J’avais tout pour mener une vie de roi, j’étais libre, j’avais des amis, j’étais bronzé… et pourtant, à mon étonnement, même la belle vie devenait lassante et j’ai vite commencé à sentir un grand vide en moi. J’ai essayé de réagir en cherchant à travailler, pensant que je pourrais ainsi combler le besoin de mon cœur.

Après un mois en Grèce, je me suis envolé pour Israël où j’ai offert mes services dans un Kibboutz. Mais après 3 semaines, j’ai senti à nouveau le vide envahir mon cœur. De plus, cueillir des olives tous les jours dès 4 heures du matin n’était pas vraiment mon genre…. ! J’ai donc quitté le Kibboutz et suis allé à Jérusalem.

C’est à Jérusalem que quelque chose de très significatif s’est produit en moi. Un matin tôt, lors d’une visite guidée de la ville, je me trouvai à un endroit appelé « le tombeau du jardin » où, selon la croyance, le corps de Jésus avait été déposé après la crucifixion. J’étais là, tout seul. Je me suis accroupi, suis entré dans le tombeau sombre et humide, mes mains touchant le rocher froid tout autour de moi. Après un instant, alors que mes yeux s’habituaient à l’obscurité, je me rendis compte de l’importance de cet endroit. J’étais exactement là où Christ avait été enseveli il y avait 2000 ans. Je frissonnai et sentis la paume de mes mains devenir moite. Envahi par l’émotion, je sortis du tombeau et pris un chemin solitaire, il me fallait réfléchir…

Tout à coup, pendant que je marchais, je levai la tête et vis Golgotha se dresser devant moi, comme pour m’arrêter.. Une plaque gravée me donnait des informations sur ce lieu : « Lorsqu’ils arrivèrent au lieu nommé Golgotha, ils Le crucifièrent là… ». Je me mis à pleurer. Que voulait dire tout cela ? Quel sens donner à ce que je vivais ?

J’ai décidé de poursuivre mon voyage et j’ai regardé du côté de l’Asie. Je suis allé à Istanbul en Turquie et de là, cherchant un moyen d’aller plus à l’Est, j’ai trouvé un petit groupe de voyageurs qui prenaient un bus pour le Népal. J’ai payé mon billet 40 dollars et les ai rejoints pour ce qui est devenu le voyage le plus extraordinaire de ma vie. J’ai passé 6 semaines à traverser la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan et les Indes. Chaque kilomètre carré parcouru me fascinait, et pourtant, tout comme avant, ces mêmes sentiments de vide et de l’inutilité de ma vie me tenaillaient.

En Afghanistan tout particulièrement, mon âme fut tourmentée en voyant l’extrême pauvreté de ces gens et les maladies qui les débilitaient.

Dans notre bus, c’était normal de voir circuler de la drogue et je ne pouvais m’empêcher de remarquer que tous ceux qui m’entouraient manquaient d’ambition et d’horizon à leur vie. Nous étions là des centaines de jeunes à la recherche de solutions sans en trouver aucune.

Finalement, les Indes ! Une fois à New Delhi, je suis resté en compagnie de ceux avec lesquels j’avais fait ce voyage fantastique. Ce pays, l’Inde, tout comme ceux que je venais de parcourir, était fascinant et intriguant. Mais tout comme en Afghanistan, j’avais beaucoup de peine à me faire à la pauvreté crasse et au désespoir qui me faisaient face. J’avais envie de m’enfuir… Je me préparais même à rentrer à la maison, mais Dieu avait un autre plan pour moi.

Dans la rue, je rencontrai un missionnaire hollandais et nous avons parlé pendant deux heures, deux heures qui ont changé le cours de ma vie ! Chaque fois que je posais une question au sujet du sens de la vie, cet homme ouvrait la Bible et y lisait la réponse à ma question. Finalement, il lut Jean 3 : 16 « Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique… » A ce moment précis, mon cœur se mit à battre fort et dans mon esprit je revis la tombe dans laquelle je m’étais tenu, à Jérusalem ! Je constatai alors que je ne pouvais nier le fait historique de la réalité de la personne de Jésus-Christ. Le missionnaire continuait sa lecture « afin que quiconque croit en Lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle ». Des frissons me parcoururent à nouveau car je savais que ce qui m’était lu était vrai, que j’avais besoin du pardon de mes péchés et que Jésus-Christ était venu pour m’offrir ce pardon.

Bien que réticent, je m’inclinai pour prier, là, dans la rue, je confessai mes péchés et invitai Jésus-Christ à venir dans mon cœur pour me donner la vie éternelle. Immédiatement je fus soulagé comme si un lourd fardeau m’avait été enlevé.

Je retournai immédiatement à mon hôtel et trouvai une vieille Bible que j’avais reçue avant de quitter New York. Je me mis à lire et c’était la première fois que j’y comprenais quelque chose. Mon cœur savait que ce que je lisais était vraiment vrai et j’ai commencé à prier et à remercier Dieu pour ce qu’Il avait fait. Je voulais en savoir davantage.

Le jour suivant, miraculeusement, j’ai rencontré d’autres missionnaires qui allaient à Goa, au sud des Indes. Je les ai accompagnés tout le mois suivant et ils ont commencé à m’enseigner comment obéir à Jésus-Christ comme l’un de ses disciples. Pour la première fois, j’étais conscient que ma vie avait un sens, un but : celui de connaître et d’adorer le seul vrai Dieu. Oh ! Combien cette nouvelle étape de ma vie était encourageante ! Dieu a complètement changé mon cœur, changé mes désirs. Dès ce premier jour à New Delhi, c’était évident que Dieu m’avait appelé à Le suivre à n’importe quel prix.

Si je regarde en arrière, je vois un miracle de Dieu qui a radicalement changé le cours de mon existence. Après avoir terminé mes études à News York, je suis devenu steward pour la compagnie aérienne Pan Am où j’ai rencontré mon épouse. Nous sommes allés en Californie où j’ai préparé une maitrise en théologie à Talbot Theological Seminary. En 1986, nous sommes devenus missionnaires avec la Mission TEAM où j’ai travaillé 10 ans comme pasteur à Paris. Puis, en 1997, nous sommes allés à Genève où j’ai travaillé 11 ans avec l’Action Biblique. Puis, en novembre 2007, nous avons eu le privilège de participer au démarrage d’une nouvelle église, l’Eglise Evangélique Internationale de Genève.

Tout ce que je peux dire, après avoir expérimenté Son amour et Sa fidélité pendant ces années depuis ma conversion dans la rue à New Delhi, c’est que « je considère toutes choses comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur… » selon Philippiens 3:8.