Témoignage de Matthieu

Témoignage de Matthieu

Pourtant issu d’une famille chrétienne…

Je viens du pays des cigales, un petit coin de paradis entre la garrigue et les vignes dans le sud de la France.
Issu d’une famille chrétienne évangélique, j’ai reçu un solide enseignement de la part de mes parents, et de tous ceux que j’ai rencontré dans les différentes églises que j’ai fréquentées.

Je passais chacun de mes étés dans des camps chrétiens dans lesquels j’ai peu à peu j’ai intégré le staff. Ces camps ont toujours été pour moi d’une grande richesse, et cela sur plusieurs plans.

Donc depuis mon plus jeune âge j’ai dépoussiéré les bancs de l’église chaque dimanche matin par ma présence.
J’ai vraiment baigné dans une atmosphère chrétienne, où j’y ai intégré les habitudes, les codes, le vocabulaire…
Pour être honnête, ce qui m’intéressait le plus à ce moment-là : c’était rigoler avec les copains !

Puis j’ai eu une enfance assez tumultueuse. Le genre d’ado qui a systématiquement besoin de mettre ses doigts dans la prise pour être sûr que ça fait mal.
Autant vous dire que j’ai nettement contribué à augmenter le capital de cheveux blancs de mes parents. Et puis sont venues les années collège, et avec elles leurs tentations, puis les années lycée… les premières cigarettes, les pétards pour rester dans le coup …
Et dans ce chaos de ma crise d’ado, j’ai tout de même pris la décision de me faire baptiser à 16 ans.
Car malgré tout j’avais compris ce que je faisais à ce moment là. Je savais qu’en dépit de mon passé, Dieu était mort pour mes péchés et pouvait faire table rase sur tout ça.

Le double jeu…

Mais mon côté influençable m’a très vite rattrapé et j’ai rapidement repris ces mauvaises habitudes… en pire…
Et j’ai mis Dieu de côté pendant un bon moment.
Je continuais à fréquenter les églises, mais j’étais un parfait hypocrite.
Il y avait souvent cette petite voix pour me dire à l’oreille : “tu ne vas quand même pas ouvrir la Bible, ce livre si pur ! toi qui est si sale !” et naïvement je l’écoutais.
Mais pour ne pas trop éveiller les soupçons sur ma double vie, j’ai dû camoufler ces habitudes, en tentant de passer pour le petit chrétien modèle, que j’imaginais que les autres voyaient en moi.
C’est un art d’être un bon hypocrite le dimanche matin ! Et je ne m’en sortais pas mal.

Mais plus j’avançais dans le péché, plus c’était dur à camoufler. Et plus j’entrais dans la spirale du péché, plus je perdais le sens du bien et du mal.

Et plus j’entrais dans la spirale du péché, plus je perdais le sens du bien et du mal.

Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que ce n’est pas glorieux, mais j’avais emmagasiné un grand nombre d’informations sur la drogue. Notamment sur la vente au détail.

Et quand j’étais avec ceux que je croyais être mes amis, j’étais toujours en décalage. Il y avait quelque chose qui clochait, je ne faisais jamais vraiment partie du groupe. Et oui, car Dieu ne m’avait pas lâché.
En fait, pendant tout ce temps, je vivais assis entre 2 chaises. D’un côté je savais ce qui était bon et sain pour ma vie, et de l’autre je me laissais happer par le flot des tentations. Et je me rassurais faussement avec ce très mal employé : “il faut profiter de la vie !” et je me disais que je me ré-intéresserais à tout ça quand je serais plus vieux.

Je ressentais quasiment en permanence un mal-être. Une sorte de petite boule au ventre, un peu comme lorsque l’on part en voyage et que l’on pense avoir oublié quelque chose, sans pour autant réussir à déterminer ce que c’est.

Mais Dieu n’a jamais lâché l’affaire avec moi (ni mes parents d’ailleurs, qui commençaient à comprendre au fur et à mesure). Il a permis que je me prenne une série d’électrochocs, qui m’ont rappelé qu’il était encore là pour moi, alors que moi j’avais choisi de ne plus l’écouter. Et je commençais également à sentir dans mon corps, que cette consommation régulière avait déjà fait pas mal de dégâts.

Moi qui ai toujours été excellent en sport je commençais à développer de l’asthme. Je faisais 7 bronchites par an.

La prière qui fait la différence

Et quelques électrochocs plus tard, je réalisais qu’il fallait absolument que ce style de vie s’arrête.
Alors je demandais à Dieu de me délivrer de la drogue. Mais pas grand-chose ne se passait… jusqu’à ce que je comprenne quel était le cœur du problème.
J’aimais ça.
Et je me suis mis, au sens figuré, aux pieds de la croix de Jésus et je l’ai supplié dans les larmes de m’aider d’arrêter d’en avoir envie.

La réponse de Dieu a été immédiate.  
Je savais que c’était fini. Il m’a instantanément délivré de ça. Et avec le Seigneur on a commencé à faire du ménage dans ma vie avec toutes ces choses qui étaient comme des nuages sombres qui se trouvaient entre lui et moi. Il y avait du boulot… Plus de mensonges, plus de tricheries à la fac,…
Puis j’ai déménagé pour continuer mes études. Ce qui m’a permis de couper avec ces relations toxiques.
J’avais emménagé avec mon frère dans un des appartements que l’église louait aux étudiants. Et là je vivais quasiment tout le temps dans un environnement chrétien.
Ça faisait du bien !

Je recommençais à vivre l’Évangile. Du coup plus besoin de jouer aux hypocrites le dimanche matin.


Je m’engageais de plus en plus dans l’Eglise, et j’y prenais de plus en plus de plaisir.
J’avais vraiment envie de redécouvrir Dieu.
Je dévorais les messages des prédicateurs de l’Institut Biblique de Genève que j’avais en mp3, je lisais, méditais et étudiais intensément la Bible. Je me sentais léger, tellement bien. Mais quand Dieu travaille à changer le caractère de ses enfants, il ne s’arrête pas en route.

J’avais relégué Dieu à la seconde place

Et puis vint un boulot à l’étranger. Loin de ma famille, de mon église, de mes amis. Dans un pays où tout le monde parle le néerlandais, pour apprendre un nouvel emploi où je dois parler du matin au soir en anglais, commencer une nouvelle vie, me faire de nouveaux amis,… trouver une nouvelle église.

J’ai donc visité un paquet d’églises pour essayer de m’investir quelque part. Mais les 3/4 étaient néerlandophones, les quelques rares églises anglophones que j’ai pu visiter étaient quand même très spéciales.
Bref, un parcours assez compliqué là bas.
J’ai réalisé l’importance de ce que l’apôtre Paul disait aux Hébreux : “n’abandonnez pas vos assemblées”.
Bon, en l’occurrence je n’ai pas “abandonné” mon assemblée, mais je réalisais combien elle était importante.
Ma foi là bas a été bien éprouvée.

Puis, retour en France. Enfin !  Je vais pouvoir respirer ! Une langue connue, des amis par ci par là, …des familles d’églises que je connais bien.
Oui… et non !

Le Seigneur est toujours à l’œuvre dans nos vies.
Il fallait qu’il travaille ma patience à présent. Que je le remette sans cesse lui, à la première place.

Ça faisait déjà un bout de temps que le célibat me pesait.
Ma petite sœur fréquentait, mon petit frère, qui était sur le point de se marier, me demandait d’organiser sa soirée de mariage.
Mon colocataire, célibataire de longue durée comme moi, venait de se mettre en couple.
La plupart de mes amis fréquentaient ou avaient des enfants.

Et moi, j’étais là au milieu de tout ça, en train de me rappeler des versets tels que :

“Car sa bonté pour nous est grande, et sa fidélité dure à toujours” Ps 117.2

” Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu” Rom 8.28

“Réjouissez vous toujours dans le Seigneur” Ph 4.4

de la tête au cœur

Chaque fois que je retournais voir la famille, j’entendais le gentil, mais sempiternel refrain :     Quand est-ce que tu nous ramène une copine ?”
J’ai réalisé au travers de cette période que petit à petit j’avais crée une idole dans ma vie : “le mariage”
Et du coup je mettais Dieu à la deuxième place. Juste après ce qui occupait sans cesse mes pensées. Dieu m’a bien fait comprendre qu’il n’est pas un “remplaçant”. Qu’il y a une seule place qui lui convient : la première.

Je peux vous dire que le verset qui dit : “Fais de l’Éternel tes délices, il te donnera ce que ton cœur désire” … pour le faire passer de la tête au cœur, c’est vraiment compliqué.

Même si cette période a été longue, elle a été utile pour plein de changements dans mon cœur.
Après avoir attaqué le chantier du gros œuvre dans ma vie, Dieu venait faire du jardinage et venait élaguer toutes ces petites branches qui empêchaient ma croissance spirituelle.
Et je ne pensais pas à l’époque que je dirais ça aujourd’hui. Mais je le remercie de ne pas m’avoir béni avec une femme, à l’instant où je lui demandais. Car je l’aurais rendue malheureuse à cause de mon orgueil démesuré. Et puis en son temps, il a répondu à mes prières, et maintenant je chemine quotidiennement avec Lui.

D’autres épreuves devant moi. Ma vie est une succession de bénédictions, d’épreuves, de moments de joie et de profondes tristesses, mais je sais sur qui compter pour les affronter.

La relation que je vis avec Dieu est une relation qui grandit. Ma lecture et l’étude de la Bible, les temps passionnés de prière, mes émerveillements face à la beauté de la création de Dieu et de ses plans parfaits sont les échanges qui jalonnent mon quotidien.